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Jeux d’imitation : pourquoi les enfants en ont besoin et lesquels choisir

Faire semblant de cuisiner, de soigner, de vendre : le jeu d’imitation occupe une place énorme entre 1 et 6 ans. Voici comment il évolue, ce qu’il fait grandir chez l’enfant, et les jouets qui l’accompagnent le mieux à chaque âge.

Mis à jour le 9 min de lecture

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Enfant donnant à manger à sa poupée avec une cuillère en bois

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Sommaire de la page
  1. À quel âge apparaît le jeu de faire semblant ?
  2. Ce que le jeu d’imitation fait grandir
  3. Quels jouets d’imitation selon l’âge ?
  4. Notre sélection en bref
  5. Réalistes ou ouverts : quels jouets choisir ?
  6. Accompagner sans diriger
  7. Filles, garçons : tous les jeux pour tous
  8. Faire semblant ou faire pour de vrai ?
  9. Questions fréquentes

Un enfant de deux ans qui fait manger sa poupée avec une cuillère vide, un enfant de quatre ans qui tient une boulangerie derrière le canapé : c’est le jeu d’imitation, aussi appelé jeu de faire semblant ou jeu symbolique. Il remplit une bonne partie des journées des petits, et ce n’est pas un hasard.

En rejouant ce qu’il voit, l’enfant apprend à parler, à comprendre les autres, à apprivoiser ses émotions et à organiser ses idées. Les jeux d’imitation ne sont donc pas un simple passe-temps en attendant l’école : ils en posent une bonne partie des fondations. Encore faut-il les accompagner sans les étouffer, et choisir des jouets qui suivent l’âge de l’enfant.

À quel âge apparaît le jeu de faire semblant ?

Le jeu d’imitation ne surgit pas d’un coup. Il se construit par étapes, que chaque enfant traverse à son rythme. Les âges ci-dessous sont des repères, pas un calendrier.

Vers 12 à 18 mois, l’imitation des gestes. L’enfant reproduit ce qu’il voit faire : il porte une cuillère à la bouche de son doudou, tient un téléphone à l’oreille, balaie avec un balai trop grand. Il imite souvent juste après l’adulte, puis de plus en plus en différé.

Vers 18 mois à 2 ans, le symbole. Un cube devient une voiture, une banane un téléphone. C’est ce que le psychologue Jean Piaget appelait le jeu symbolique, qui repose sur la capacité de se représenter une chose absente. Les scénarios restent courts, un ou deux gestes.

Vers 2 à 3 ans, les séquences. L’enfant enchaîne : il prépare le repas, le sert, fait la vaisselle. La poupée commence à « vivre » : elle a faim, elle pleure, elle est malade.

Vers 3 à 5 ans, les rôles. On devient quelqu’un d’autre : le docteur, la maîtresse, le pompier. Le jeu devient social, avec ses négociations et ses célèbres « on disait que tu étais... », cet imparfait que les enfants francophones emploient spontanément pour poser le décor.

Vers 5 à 7 ans, les mises en scène. Les histoires durent des après-midi entiers, les règles se discutent, les costumes et les décors se fabriquent. Le jeu d’imitation glisse doucement vers le théâtre et les jeux de règles.

Ce que le jeu d’imitation fait grandir

Le langage. Pour jouer au restaurant, il faut commander, décrire, répondre. Beaucoup de parents remarquent que leur enfant emploie en jouant des mots et des tournures qu’il n’utilise pas encore ailleurs. Il « essaie » la langue des adultes.

Les émotions. Une piqûre chez le médecin, l’arrivée d’un bébé, une rentrée à la crèche : l’enfant rejoue ce qui l’a bousculé, mais cette fois c’est lui qui décide. C’est l’une des manières les plus naturelles de digérer une expérience difficile.

La compréhension des autres. Jouer la maman, le vendeur ou le loup oblige à se mettre à la place de quelqu’un, à imaginer ce qu’il pense et ce qu’il ressent.

L’organisation des idées. Préparer un gâteau dans le bon ordre, monter une épicerie, prévoir qui fait quoi : le jeu demande de planifier, de se souvenir des étapes et de s’adapter quand un imprévu surgit.

Les mains. Verser, visser, boutonner, couper : beaucoup de jeux d’imitation sont aussi des exercices de motricité fine qui ne disent pas leur nom.

Quels jouets d’imitation selon l’âge ?

Le bon jouet suit l’étape de l’enfant. Trop tôt, il le dépasse ; trop tard, il l’ennuie. Voici nos repères.

Âge Ce que l’enfant rejoue Jouets qui l’aident Pour aller plus loin
12 à 18 mois Gestes simples du quotidien Téléphone, tasse, poupon souple, landau stable Poussettes de poupée
18 mois à 2 ans et demi Repas, coucher, toilette Cuisinière à poser, dinette simple, lit de poupée Dinettes en bois
2 ans et demi à 4 ans Séquences complètes, premiers rôles Cuisine debout, établi, petits personnages Cuisines en bois et établis
4 à 6 ans Jeux de rôle à plusieurs, histoires longues Marchande, maison de poupée, déguisements Marchandes et maisons de poupée
6 ans et plus Mises en scène, décors fabriqués Figurines, théâtre de marionnettes, matériel de bricolage Figurines en bois

Pour un tout-petit, vous pouvez voir les jouets d’imitation en bois et retenir les plus simples. Les idées de jouets en bois pour 2 ans détaillent aussi les choix qui fonctionnent à cet âge charnière.

Notre sélection en bref

  1. Dès 18 mois Hape Ma première cuisine Dès 18 mois · Budget de 25 à 60 €
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  2. Jeu de soin Pinolino Landau de poupée en bois Dès 12 mois · Budget de 60 à 150 €
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  3. Le goûter des poupées Le Toy Van Service à thé Honeybake Dès 3 ans · Budget de 25 à 60 €
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  4. Dès 3 ans Melissa & Doug Caisse enregistreuse en bois Dès 3 ans · Budget de 25 à 60 €
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  5. Dès 3 ans Janod Établi magnétique géant Brico’Kids Dès 3 ans · Budget de 60 à 150 €
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Budgets indicatifs : € moins de 25 €, €€ de 25 à 60 €, €€€ de 60 à 150 €, €€€€ plus de 150 €. Prix exacts et dimensions précises : vérifiez-les sur la fiche Amazon, les modèles évoluent.

Dès 18 mois

Hape Ma première cuisine

  • Dès 18 mois
  • Budget de 25 à 60 €

Une petite cuisinière en érable à poser au sol ou sur une table basse, avec poêle, marmite, spatule et cuillère. Le format idéal pour les premiers gestes d’imitation, avant l’âge de la grande cuisine.

On aime

  • Parfaite pour les premiers « on fait semblant »
  • Prend très peu de place

À savoir

  • Devient trop simple vers 3 ans

Pour qui ? Un enfant de 18 mois à 2 ans et demi.

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Jeu de soin

Pinolino Landau de poupée en bois

  • Dès 12 mois
  • Budget de 60 à 150 €

Un landau en bois pour promener son poupon, le coucher, le rassurer. Pinolino le conçoit aussi comme aide à la marche, avec des roues caoutchoutées : le jeu de soin, l’un des tout premiers jeux d’imitation, commence ainsi dès les premiers pas.

On aime

  • Combine jeu de soin et premiers pas
  • Poignée réglable sur certains modèles

À savoir

  • Literie pas toujours fournie : vérifiez la fiche

Pour qui ? Un enfant de 1 à 3 ans, surtout à l’arrivée d’un bébé.

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Le goûter des poupées

Le Toy Van Service à thé Honeybake

  • Dès 3 ans
  • Budget de 25 à 60 €

Une théière, des tasses avec leurs soucoupes et de quoi grignoter selon la version, le tout en bois peint. Le goûter des poupées est un scénario que les enfants rejouent sans fin.

On aime

  • Ne se brise pas comme la porcelaine
  • Joli au point de rester en vue

À savoir

  • Contenu variable selon la version : lisez la fiche

Pour qui ? Les goûters de poupées et de doudous.

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Dès 3 ans

Melissa & Doug Caisse enregistreuse en bois

  • Dès 3 ans
  • Budget de 25 à 60 €

Une caisse en bois solide, sans électronique, qui transforme n’importe quelle table en magasin. Le jeu de la marchande fait parler, compter et attendre son tour.

On aime

  • Lance un jeu à deux immédiatement
  • Robuste et sans piles

À savoir

  • Monnaie fournie pas toujours en euros selon la version

Pour qui ? Un enfant de 3 à 6 ans et un parent prêt à jouer le client.

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Dès 3 ans

Janod Établi magnétique géant Brico’Kids

  • Dès 3 ans
  • Budget de 60 à 150 €

Un grand établi aux pieds réglables en hauteur, livré avec une quarantaine d’accessoires. Visser, taper et serrer comme un adulte, c’est un jeu d’imitation qui fait aussi beaucoup travailler les mains.

On aime

  • Pieds réglables, il suit l’enfant plusieurs années
  • Très complet

À savoir

  • Beaucoup de petites pièces à ranger

Pour qui ? Un enfant qui suit chaque bricolage de la maison.

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Réalistes ou ouverts : quels jouets choisir ?

Les jeunes enfants ont besoin de réalisme. À 18 mois, une cuillère doit ressembler à une cuillère pour que l’enfant reconnaisse le geste à imiter. C’est pour cela que les dinettes et les cuisines en bois, fidèles aux objets réels sans être surchargées, fonctionnent si bien. Un simple téléphone en bois fait d’ailleurs souvent le bonheur d’un enfant de cet âge.

En grandissant, l’enfant a de moins en moins besoin que l’objet ressemble à ce qu’il représente. Un foulard devient une cape, une planche un pont, un arc-en-ciel en bois un tunnel puis un berceau. Ces jouets ouverts poussent l’imagination plus loin, comme l’explique notre guide sur le jeu libre et les jouets ouverts.

Accompagner sans diriger

Les parents se demandent souvent s’il faut jouer avec leur enfant. La réponse est oui, de temps en temps, et surtout de la bonne manière.

  • Observez avant d’entrer. Quelques minutes suffisent pour comprendre l’histoire en cours. Entrer en imposant la sienne casse le jeu.
  • Prenez un second rôle. Soyez le client, le patient, le voisin. Laissez à l’enfant le rôle qui décide.
  • Posez des questions ouvertes. « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » relance mieux que « Tu fais une soupe ? ».
  • Glissez un imprévu. Le client n’a pas d’argent, la poupée a de la fièvre, le four est en panne : ces petits rebondissements enrichissent le scénario.
  • Ne corrigez pas. Une soupe au poisson et au chocolat cuite dans le réfrigérateur, c’est parfait. Le réalisme viendra tout seul.
  • Acceptez les scènes difficiles. Le loup qui mange tout le monde ou la maîtresse très en colère font partie du jeu. C’est justement là que l’enfant travaille ses peurs.

Et laissez-le aussi jouer seul. Les moments où personne ne le regarde sont ceux où il ose le plus.

Filles, garçons : tous les jeux pour tous

Un garçon qui promène un poupon, une fille qui visse sur un établi : rien de plus normal. À 2 ou 3 ans, les enfants imitent ce qu’ils voient faire autour d’eux, sans tri. Proposer toute la palette (cuisine, soin, bricolage, commerce) leur permet de rejouer l’ensemble de leur quotidien, pas seulement une moitié.

Faire semblant ou faire pour de vrai ?

La pédagogie Montessori a un regard particulier sur la question : elle privilégie, chez les jeunes enfants, les activités de vie pratique réelles plutôt que le faire semblant. Couper une banane, verser de l’eau, arroser une plante. Les deux approches ne s’opposent pas vraiment. Un enfant peut faire la vaisselle de sa dinette le matin et aider à éplucher les carottes le soir, perché sur une tour d’observation.

L’imitation lui permet d’explorer librement des rôles inaccessibles (médecin, commerçant, parent), la vie pratique de mesurer ses gestes dans le réel. L’un nourrit l’autre.

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Questions fréquentes

À quel âge commence le jeu d’imitation ?

Les premières imitations apparaissent vers 12 à 18 mois : l’enfant porte un téléphone à son oreille, boit dans une tasse vide. Le vrai jeu de faire semblant, avec un objet qui en représente un autre, s’installe entre 18 mois et 2 ans. Les scénarios à plusieurs, avec des rôles, arrivent plutôt vers 3 ou 4 ans.

Quel jeu d’imitation pour un enfant de 2 ans ?

À 2 ans, l’enfant rejoue son quotidien : manger, dormir, se laver, se promener. Une petite dinette, un poupon avec son landau, un téléphone en bois ou une cuisinière à poser suffisent largement. Inutile de viser un grand meuble : à cet âge, quelques objets réalistes valent mieux qu’un décor complet.

Faut-il jouer avec son enfant ou le laisser jouer seul ?

Les deux. Le jeu seul lui appartient : il y organise ses histoires à sa façon, et il est précieux. Jouer avec lui de temps en temps, en suivant ses idées plutôt qu’en imposant les vôtres, enrichit son vocabulaire et ses scénarios. Dix minutes d’attention complète valent mieux qu’une heure distraite.

Mon enfant rejoue des scènes de colère ou de dispute : est-ce inquiétant ?

En général, non. Rejouer une scène difficile (une piqûre, une dispute, une séparation) est justement une manière de la digérer. L’enfant prend le rôle de celui qui décide et transforme ce qu’il a subi en quelque chose qu’il maîtrise. Si une scène revient sans cesse ou s’accompagne d’une détresse marquée, parlez-en à votre pédiatre.

Combien de jouets d’imitation faut-il ?

Moins que ce qu’on croit. Un ou deux coins de jeu (cuisine, poupons, marchande) et quelques accessoires suffisent. Trop d’objets dispersent l’attention et rendent le rangement impossible. Faire tourner les accessoires toutes les deux ou trois semaines relance l’intérêt bien mieux qu’un nouvel achat.

Page rédigée par l’équipe de Boutique Jouets en Bois, publiée le 20 octobre 2026 et mise à jour le 20 octobre 2026. Nos sélections reposent sur les matériaux, la conception, les normes de sécurité et les retours des familles, jamais sur la commission. Comment nous choisissons